Vivre au Québec, simplement. — Life in Quebec, made simple.
vieauqc.com
Travail et carrière
Métiers en demande au Québec : lesquels exigent une preuve de français ?
Parmi les 36 métiers en déficit au Québec, ceux qui relèvent d'un ordre professionnel exigent une preuve de français. Ce que dit la loi, métier par métier.
Écouter
Par Vieauqc AI•Publié le 1 novembre 2026•9 min de lecture
Lire en français (colonne unique)Voir le guide en deux colonnes : français | anglais
Réponse rapide
Parmi les 36 métiers en déficit au Québec, 13 exigent l'adhésion à un ordre professionnel ou son permis. Pour ceux-là, la Charte de la langue française exige une connaissance du français appropriée à la profession, avec un permis temporaire possible si vous avez été formé à l'extérieur du Québec. Pour 16 autres métiers, aucune loi n'exige de preuve de français : c'est l'employeur qui fixe ses exigences.
Au Québec, le français au travail relève de deux règles distinctes. La première vise les professions encadrées par un . Selon l'article 35 de la Charte de la langue française, un ordre ne peut délivrer un permis qu'à une personne qui a du français une connaissance appropriée à l'exercice de la profession ; selon Québec.ca, cela veut dire être capable de travailler en français. Le titulaire doit ensuite maintenir ce niveau tant qu'il détient son permis.
La seconde vise tous les autres emplois. La Charte oblige l'employeur à respecter le droit des travailleurs d'exercer leurs activités en français : offres d'emploi, contrats écrits et communications écrites au personnel en français. Ce sont des obligations de l'employeur : le chapitre sur la langue du travail ne demande pas au salarié de prouver son français pour être embauché. Notre guide sur la loi 101 détaille vos droits linguistiques au travail.
Écouter
2. Les 36 métiers en demande, un par un
Le tableau reprend, dans le même ordre, les 36 professions en déficit de notre guide sur les métiers en demande au Québec. La deuxième colonne recopie ce que la fiche officielle de chaque métier sur Québec.ca indique comme aussi requis. La troisième en tire la conséquence : la Charte n'exige une preuve de français que lorsqu'il faut un permis ou l'adhésion à un ordre professionnel.
Notre lecture des fiches de Québec.ca : 13 métiers exigent l'adhésion à un ordre ou son permis ; pour 2 autres, cela dépend du poste exact dans le groupe ; pour 3, l'adhésion n'est requise que pour porter le titre ; les 2 métiers d'enseignant suivent une autre règle ; les 16 derniers n'exigent aucun permis d'un ordre.
Pour les métiers marqués seulement pour porter le titre (travailleur social, technologue professionnel), l'article 35 ne s'applique que si vous adhérez à l'ordre. Si vous comptez travailler sans ce titre, demandez à l'ordre quelles activités sont réservées à ses membres.
Dans les autres cas, il faut réussir l'examen de l'Office québécois de la langue française (OQLF), qui délivre une . Selon Québec.ca, cet examen est gratuit, dure environ trois heures et évalue votre français oral et écrit à partir d'une étude de cas liée à votre profession. Il compte quatre parties à réussir dans la même séance. Il se passe en personne à Montréal, et deux fois par année à Québec ; il n'est jamais offert à distance. En cas d'échec, vous pouvez le repasser autant de fois que nécessaire, après un délai de trois mois.
Pour vous inscrire, adressez-vous à l'ordre que vous voulez intégrer : c'est lui qui vous dit si vous devez passer l'examen. Si vous étudiez au Québec, l'article 36 de la Charte vous permet de faire cette preuve dans les deux ans qui précèdent l'obtention de votre diplôme.
Écouter
4. Formé à l'extérieur du Québec : le permis temporaire
Selon l'article 37 de la Charte, un ordre peut vous délivrer un si votre français n'est pas encore suffisant, à condition que vous ayez acquis à l'extérieur du Québec les compétences professionnelles requises. Selon Québec.ca, ce permis vous permet d'exercer votre profession tout en continuant d'apprendre le français. Il est valable pour une période d'au plus un an.
Sur la même page : le permis peut être renouvelé trois fois au maximum, avec l'autorisation de l'OQLF si l'intérêt public le justifie. Pour y avoir droit, vous devez vous présenter à l'examen de l'OQLF au moins une fois dans les douze mois qui suivent la délivrance du permis ou de son renouvellement. Les années de validité doivent se suivre. À la fin, vous ne pouvez plus exercer tant que vous n'avez pas réussi l'examen, mais vous pouvez continuer à le passer.
C'est votre ordre qui vérifie si vous y avez droit. L'article 40 de la Charte prévoit aussi, lorsque l'intérêt public le justifie et avec l'autorisation préalable de l'OQLF, un permis restrictif pour une personne déjà autorisée à exercer ailleurs : il ne permet de travailler que pour un seul employeur, dans une fonction qui n'amène pas à traiter avec le public.
Écouter
5. Enseignants : un examen de langue, en français ou en anglais
Les 2 métiers d'enseignant de la liste ne passent pas par un ordre professionnel : ils exigent une autorisation d'enseigner au Québec. Selon Québec.ca, certaines personnes, dont celles qui ont reçu leur formation en enseignement à l'extérieur du Canada, doivent réussir un examen de langue pour l'obtenir : le TECFÉE en français ou l'EETC en anglais. Pour certains candidats, un examen oral peut aussi être exigé.
Ces personnes reçoivent d'abord un avis d'admissibilité conditionnelle, valide cinq ans. Il ne permet pas d'enseigner, mais seulement de passer l'un des examens de langue. Le document d'information joint à l'avis présente l'examen obligatoire.
Écouter
6. Les autres métiers : c'est l'employeur qui décide
Pour les 16 métiers de la liste qui ne passent ni par un ordre ni par une autorisation d'enseigner (mécanique, conduite de camions, agriculture, transformation du poisson et éducation à la petite enfance, entre autres), la Charte n'exige aucune preuve de français. Plusieurs demandent un autre document, comme un certificat de qualification ou un permis de conduire ; les fiches de Québec.ca le précisent pour chaque métier.
Le niveau de français demandé dépend donc de l'employeur et du poste. La Charte fait du français la langue normale du travail, mais elle permet à l'employeur de vous écrire uniquement dans une autre langue si vous le lui demandez.
Pour progresser en français pendant que vous travaillez, Francisation Québec offre des cours gratuits ; notre guide sur Francisation Québec explique comment vous inscrire. Pour les secteurs où l'on travaille souvent en anglais, voyez Travailler au Québec sans parler français.
Écouter
7. Votre liste d'actions
Voici les étapes concrètes pour savoir ce que votre métier exige. Cochez chaque case au fur et à mesure : votre progression est enregistrée si vous êtes connecté.
0/5
Votre liste d’actions
Progression : 0 sur 5
Repérer votre métier dans le tableau et son exigence
À faire
Si votre métier relève d'un ordre, communiquer avec l'ordre pour connaître votre situation
Vérifier si vous remplissez l'une des trois conditions de la Charte
Si ce n'est pas le cas, prévoir l'examen de l'OQLF par l'entremise de votre ordre
Commencer des cours de français avec Francisation Québec
Écouter
8. Questions fréquentes
Les questions les plus fréquentes sur l'exigence de français dans les métiers en demande : le renouvellement du permis temporaire, le coût de l'examen de l'OQLF, le maintien du français une fois membre, les employeurs qui demandent l'anglais, et la langue dans laquelle les ordres vous écrivent.
Le permis temporaire peut-il être renouvelé sans limite ?
Écouter
Non. Selon Québec.ca, il est valable au plus un an et peut être renouvelé trois fois au maximum, avec l'autorisation de l'OQLF. Pour chaque renouvellement, vous devez vous être présenté à l'examen au moins une fois dans les douze mois précédents.
L'examen de l'OQLF est-il payant ?
Écouter
Non. Selon Québec.ca, l'examen est gratuit. Pour les autres frais liés à votre demande de permis, renseignez-vous auprès de votre ordre.
Une fois membre de l'ordre, dois-je encore prouver mon français ?
Écouter
Vous devez maintenir une connaissance du français appropriée à votre profession tant que vous détenez le permis. Selon Québec.ca, si l'ordre a des motifs sérieux de croire que ce n'est plus le cas, par exemple des plaintes liées à une incapacité de fournir un service en français, il peut vous recommander des mesures comme des cours de perfectionnement. Si cela ne suffit pas, il peut exiger que vous réussissiez l'examen de l'OQLF.
Un employeur peut-il exiger que je parle anglais ?
Écouter
Seulement si la tâche le nécessite. Selon la Charte, un employeur ne peut pas exiger la connaissance d'une autre langue que le français pour vous embaucher ou vous garder en poste, à moins que l'accomplissement de la tâche ne le nécessite ; même alors, il doit d'abord avoir pris tous les moyens raisonnables pour éviter cette exigence. Notre guide sur la loi 101 explique ces règles.
L'ordre peut-il m'écrire dans une autre langue que le français ?
Écouter
Dans certains cas. Selon la Charte, un ordre peut ajouter une autre langue au français dans une communication écrite à un candidat qui demande un permis temporaire ou restrictif, ou à un membre qui n'est pas tenu de connaître le français. Avec ces personnes, il peut aussi utiliser cette autre langue à l'oral, sans employer le français en même temps.
Note de l'auteure : Si la dernière colonne du tableau indique Oui pour votre métier, menez votre français en même temps que la reconnaissance de vos diplômes : l'ordre vous demandera les deux. Si elle indique Non, le français reste votre meilleur atout pour être embauché et progresser, même quand aucune loi ne l'exige.
Ce guide est fourni à titre informatif seulement et ne remplace pas un conseil juridique ou professionnel. Vérifiez votre situation auprès des organismes officiels compétents avant d'entreprendre toute démarche. En savoir plus →
Ce guide vous a-t-il été utile ?
Vos retours nous aident à améliorer nos guides et à les maintenir à jour pour toute la communauté.
Quoi de neuf
Dans l’actualité
Les changements récents et les annonces liés à ce guide d’abord, puis les dernières nouvelles au Québec, expliqués simplement.