À presque tous les coins de rue au Québec, il y a un « dép ». Ce petit commerce de quartier fait tellement partie du décor qu'on oublie à quel point il est particulier — et à quel point son nom raconte une histoire.
Le mot. « Dépanneur » vient du verbe dépanner, qui veut dire « sortir quelqu'un d'un embarras ». Le Trésor de la langue française au Québec explique l'origine du mot : le commerce porte parfaitement son nom, puisque c'est là qu'on court quand il manque du lait à 22 h ou qu'on a oublié le pain.
L'origine. Le terme s'est répandu à partir de la région de Montréal au début des années 1970, quand une poignée de petites épiceries de quartier ont commencé à l'utiliser. Le mot a fini par être reconnu officiellement par l'Office québécois de la langue française en 1983, comme le rappelle Radio-Canada dans son survol de l'histoire des dépanneurs.
La bière et le vin. Ce qui distingue vraiment le dépanneur, c'est qu'on peut y acheter de la bière et du vin, souvent tard le soir et la fin de semaine, quand les grandes épiceries sont fermées. C'est justement une loi permettant aux petits commerces d'ouvrir en dehors des heures normales qui a donné naissance au dépanneur tel qu'on le connaît.
Plus qu'un commerce. Le dépanneur, c'est aussi un point de repère du quartier : billets de loterie, titres de transport, cornets de crème glacée l'été, et souvent un ou une propriétaire qui finit par connaître tout le monde. « Vin de dépanneur » est même devenu une expression pour désigner un vin bon marché et sans prétention.
Bon à savoir pour les nouveaux arrivants. Dites simplement « le dép » comme tout le monde. C'est l'endroit idéal pour un achat de dernière minute, mais les prix y sont plus élevés qu'à l'épicerie : dépannez-vous, ne faites pas votre marché de la semaine. Pour d'autres codes du quotidien, voyez notre guide sur les codes culturels et la politesse au Québec, et profitez-en pour pratiquer votre français au comptoir.