
De l'aide confidentielle existe pour sortir de la violence conjugale.
1. Si vous êtes en danger maintenant
Si votre sécurité ou celle de vos enfants est menacée à cet instant, composez le 911. La police interviendra, peu importe votre statut d'immigration et peu importe ce qu'on a pu vous dire.
Pour parler à quelqu'un, être écouté, évaluer votre situation ou trouver une place en hébergement, appelez SOS violence conjugale au 1 800 363-9010 : c'est gratuit, confidentiel, anonyme et bilingue, 24 h sur 24. Les intervenants peuvent même appeler une maison d'hébergement à votre place pour vous trouver une place protégée. À Montréal, le numéro local est le 514 873-9010. Si vous ne pouvez pas parler sans risque, le service offre aussi du clavardage et du texto sur leur site.
Vous n'avez pas besoin d'être prête à tout quitter pour appeler — vous pouvez juste poser des questions.
2. La violence n'est pas seulement physique
Beaucoup de personnes pensent qu'il n'y a violence conjugale que s'il y a des coups. C'est faux. La violence conjugale est un ensemble de comportements visant à contrôler l'autre, et elle prend plusieurs formes :
- Violence physique, bien sûr ;
- Violence psychologique — humiliations, menaces, isolement, contrôle de vos sorties et de vos contacts ;
- Violence économique — vous priver d'argent, contrôler tous les revenus, vous empêcher de travailler ;
- Violence sexuelle ;
- Contrôle lié au statut migratoire — menacer de vous faire expulser, retenir vos documents, mentir sur vos droits pour vous garder dépendante.
Si vous reconnaissez votre situation dans une seule de ces formes, ce que vous vivez est de la violence conjugale, et vous avez le droit d'être aidée. Ce n'est jamais votre faute.
3. La vérité sur votre statut d'immigration
C'est l'arme la plus utilisée contre les personnes immigrantes : « si tu pars, tu seras expulsée ». Dans la grande majorité des cas, c'est une menace, pas une réalité.
- Si vous êtes résidente permanente, votre statut vous appartient — quitter votre conjoint ne l'annule pas, même s'il vous a parrainée.
- Si votre situation est plus complexe — parrainage en cours, statut temporaire, demande en traitement — il existe souvent des protections et des recours, mais ils dépendent de votre cas précis.
Ne laissez personne décider à votre place de ce que vous risquez : parlez à un organisme spécialisé ou à l'aide juridique en immigration, gratuitement et confidentiellement. Les maisons d'hébergement et SOS violence conjugale travaillent régulièrement avec des femmes immigrantes et connaissent ces ressources. La seule erreur serait de rester en danger à cause d'une menace qui pourrait être fausse.
4. Les maisons d'hébergement : ce qu'elles offrent
Une maison d'hébergement n'est pas un dortoir de dernier recours : c'est un lieu sécuritaire, gratuit et confidentiel, conçu pour les femmes et leurs enfants qui fuient la violence. On y trouve un hébergement temporaire dont l'adresse est tenue secrète, des repas, et surtout des intervenantes qui vous aident à reprendre pied — démarches, sécurité, soutien psychologique, accompagnement avec les enfants.
- Vous pouvez amener vos enfants avec vous.
- Plusieurs maisons ont des intervenantes parlant différentes langues ou utilisent des interprètes.
Pour trouver une place, le plus simple est d'appeler SOS violence conjugale au 1 800 363-9010 : ils connaissent les places disponibles partout au Québec et peuvent appeler pour vous. L'hébergement est une étape, pas un engagement définitif — beaucoup de femmes y vont d'abord pour souffler et réfléchir en sécurité.
5. Vos recours et un plan de sécurité
Au-delà de l'hébergement, vous avez des droits.
- Vous pouvez porter plainte à la police ; un dossier peut mener à des conditions imposées à l'agresseur pour vous protéger.
- Le programme d'indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC) peut offrir un soutien aux victimes de violence — informez-vous sur Québec.ca.
- L'aide juridique gratuite peut vous représenter pour la garde des enfants, la séparation ou les questions d'immigration si vos revenus sont admissibles.
En parallèle, préparez discrètement un plan de sécurité : gardez ensemble, dans un endroit sûr ou chez une personne de confiance, vos papiers d'identité, ceux de vos enfants, vos documents d'immigration, un peu d'argent, et les numéros importants. Repérez d'avance où aller et comment partir vite si nécessaire. Les intervenantes peuvent vous aider à bâtir ce plan, étape par étape, à votre rythme.
6. Questions fréquentes
Voici les questions que se posent souvent les personnes immigrantes face à la violence conjugale : les hommes peuvent-ils aussi être victimes, faut-il payer, et la police va-t-elle vérifier mon statut.
Les hommes peuvent-ils aussi être victimes de violence conjugale ?
Oui. Les hommes peuvent aussi être victimes, y compris dans les couples de même sexe. SOS violence conjugale et le 811 Info-Social aident tout le monde ; il existe aussi des ressources spécifiques pour les hommes. Personne n'est refusé à cause de son genre.
Est-ce que la police va vérifier mon statut d'immigration si j'appelle ?
Le rôle de la police quand vous faites le 911 est votre sécurité, pas l'application des lois d'immigration. Votre priorité en cas d'urgence est d'être en sécurité. Pour les questions sur l'effet d'un départ sur votre statut, parlez à l'aide juridique en immigration ou à un organisme spécialisé — confidentiellement, et avant de décider quoi que ce soit.
L'hébergement et l'aide coûtent-ils quelque chose ?
Non. Les maisons d'hébergement, SOS violence conjugale et les lignes de crise sont gratuites. L'aide juridique est gratuite si vos revenus sont admissibles. Vous ne payez jamais pour être en sécurité.
Sources officielles
Pour des informations officielles et à jour :
- SOS violence conjugale — 1 800 363-9010 · sosviolenceconjugale.ca
- Québec.ca — violence conjugale, aide et ressources — quebec.ca
- Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale — maisons-femmes.qc.ca
- Éducaloi — vos droits — educaloi.qc.ca
Les recours et programmes évoluent ; un organisme spécialisé confirmera ce qui s'applique à votre situation précise.
Voir aussi
Ces guides apparentés peuvent vous être utiles :
- Lignes d'écoute en crise — les numéros confidentiels, 24 h sur 24.
- Aide juridique gratuite — vos droits et recours, gratuitement si admissible.
- Refuges et hébergement d'urgence — un lieu sûr pour vous et vos enfants.
Note de l'auteure : partir, ou même seulement y penser, demande un courage immense quand on est loin de chez soi, dans une langue qu'on maîtrise mal, et qu'on vous a répété que vous n'aviez aucun droit. Vous en avez. Le premier pas n'est pas de tout quitter : c'est un seul appel, au 1 800 363-9010, pour parler à quelqu'un qui ne vous jugera pas et qui connaît exactement le chemin. Vous méritez d'être en sécurité.



