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Le français au QuébecGuides · Chapitre II

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Chapitre II · IntermédiaireNiveau 6

202Guide · Niveau 6

Les onze nations autochtones du Québec

Qui sont les onze nations, où elles vivent, quelles langues elles parlent, et comment découvrir leurs cultures sans faire fausse route.

Niveau 6Vie quotidienneGuides provinciaux

10 min de lecture · 2093 mots

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Les onze nations autochtones du QuébecGuide 202

Territoires et communautés des nations autochtones du Québec

Onze nations, cinquante-cinq communautés — ce qu'il faut savoir pour comprendre le Québec où vous venez d'arriver.

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Pourquoi ce guide

Vous vivez déjà au milieu de ces cultures sans forcément le savoir.

Le mot Québec vient d'une langue autochtone. Le sirop d'érable que vous mangez à la cabane à sucre repose sur un savoir-faire que le gouvernement du Québec lui-même décrit comme un legs des Autochtones. Des dizaines de noms de villes et de rivières autour de vous viennent de l'algonquin, de l'innu, de l'abénaquis ou du micmac.

Pourtant, la plupart des nouveaux arrivants passent leurs premières années ici sans jamais recevoir d'introduction claire à la question.

Ce guide comble ce vide. Il ne prétend pas raconter l'histoire des peuples autochtones du Québec, ni parler à leur place. Il fait quelque chose de plus modeste et de plus utile pour quelqu'un qui vient d'arriver : qui sont les onze nations, où elles vivent, quelles langues elles parlent, quels mots éviter, quelles dates comptent dans l'année, et par où commencer si vous voulez en savoir plus.

Tout ce qui suit vient de sources officielles, dont la liste complète figure à la fin.

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1. Onze nations, cinquante-cinq communautés

Les deux chiffres à retenir sont onze et cinquante-cinq.

Le gouvernement du Québec parle des « 11 nations autochtones du Québec ». Tourisme Autochtone Québec, l'association touristique sectorielle reconnue par le ministère du Tourisme, écrit de son côté que les Autochtones du Québec, regroupés en « onze (11) Nations », sont répartis en « cinquante-cinq (55) communautés distinctes ».

Ces deux sources sont indépendantes l'une de l'autre, et elles concordent.

Nous avons vérifié le second chiffre nous-mêmes, en additionnant le nombre de communautés que le gouvernement indique sur la fiche de chaque nation : 2 + 9 + 3 + 9 + 9 + 14 + 3 + 3 + 1 + 1 + 1. Le total fait exactement 55.

Une précision de vocabulaire, parce qu'elle revient partout. Le mot est le terme générique employé par le gouvernement du Québec. Il recouvre deux réalités distinctes : les Premières Nations, au nombre de dix ici, et les Inuit, qui forment la onzième nation et qui ne sont pas une Première Nation. Dire « les Premières Nations du Québec » pour désigner l'ensemble est donc inexact, puisque cela laisse les Inuit de côté.

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2. Les onze nations en un coup d'œil

Voici les onze nations telles que le gouvernement du Québec les nomme et les décrit, avec l'orthographe officielle de chacune. Les populations indiquées proviennent des fiches par nation du gouvernement du Québec et sont à lire comme des ordres de grandeur.

NationCommunautésPopulation publiée
AbénaquisCentre-du-Québec2 — Odanak, Wôlinakprès de 3 000
AlgonquinsOutaouais, Abitibi-Témiscamingue9près de 6 000
AttikameksLanaudière, Haute-Mauricie3 — Manawan, Wemotaci, Obedjiwanenviron 8 400
CrisBaie-James, baie d'Hudson9 villagesenviron 21 000
InnusCôte-Nord, Lac-Saint-Jean, Schefferville9environ 24 500
InuitNunavik, au nord du 55e parallèle14 villagesenviron 14 000
MicmacsGaspésie3plus de 5 000
MohawksKahnawake, Akwesasne, Kanesatake3environ 20 700
NaskapisKawawachikamach, près de Schefferville1environ 1 600
WendatWendake, à côté de Québec1quelque 1 500
WolastoqiyikCacouna, près de Rivière-du-Loup1près de 800
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3. Les noms changent — et le gouvernement est en train de rattraper

Les noms officiels des nations ont évolué vers les noms que les nations se donnent elles-mêmes, plutôt que ceux que les Européens leur avaient donnés. Ce changement est encore en cours, et on peut littéralement le voir en direct sur le site du gouvernement du Québec.

Prenez la neuvième nation de notre tableau. Le titre de sa fiche officielle dit Wolastoqiyik. Mais l'adresse web de cette même page se termine encore par le mot « malecites », l'ancienne appellation. Le contenu a été mis à jour, l'adresse pas encore.

C'est un détail technique, et c'est aussi l'image la plus claire que nous puissions vous donner de l'état des choses : le nom a changé, l'infrastructure suit avec du retard.

La règle pratique pour vous est simple. Utilisez l'orthographe qui figure dans notre tableau de la section 2, parce que c'est celle que le gouvernement du Québec emploie aujourd'hui. Si vous voyez ailleurs un nom différent pour la même nation, il s'agit très probablement d'une appellation ancienne.

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4. Les langues — et pourquoi certaines nations parlent anglais

Voici un fait que presque personne n'explique aux nouveaux arrivants, et qui en dit long sur l'histoire du territoire. La deuxième langue n'est pas la même d'une nation à l'autre.

Pour certaines nations, c'est le français. Le gouvernement écrit que chez les Attikameks, l'attikamek — appelé Nehirowimowin — est la langue première, et que le français est utilisé comme langue seconde. Même chose chez les Innus : l'innu, appelé Innu Aimun, est la langue première de la majorité des membres, leur langue seconde étant le français.

Pour d'autres nations, c'est l'anglais. Chez les Mohawks, le gouvernement écrit que la langue d'usage est l'anglais, et que plusieurs parlent le mohawk, appelé kanien'keha. Chez les Naskapis, le naskapi — appelé iyuw iyimuun — est parlé par toute la population, et l'anglais est la langue seconde.

Les Inuit du Nunavik ont leur propre langue, l'inuktitut.

Pourquoi cette différence ? Ce guide ne vous donnera pas d'explication historique, parce que nous ne pouvons pas la sourcer proprement. Mais retenez le fait lui-même, parce qu'il a une conséquence très concrète : au Québec, la langue de contact avec une communauté autochtone n'est pas automatiquement le français. Si vous écrivez à une organisation ou visitez une communauté, vérifiez plutôt que de supposer.

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5. Vous prononcez déjà ces langues tous les jours

Chaque fois que vous dites Québec, Chicoutimi, Témiscamingue ou Manicouagan, vous prononcez un mot venu d'une langue autochtone, transcrit il y a des siècles par des cartographes européens qui ne parlaient pas ces langues. La Commission de toponymie du Québec, l'organisme officiel qui gère les noms de lieux, le reconnaît elle-même.

Nous ne refaisons pas ici le travail d'étymologie : notre guide sur la prononciation des noms de lieux du Québec s'en charge en détail, avec les explications de la Commission pour chaque nom.

Ce que nous voulons vous signaler ici, ce sont deux ressources officielles que presque personne ne connaît :

C'est probablement le seul endroit où vous pourrez entendre ces noms dits par les personnes dont c'est la langue, plutôt que dans une approximation française.

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6. Deux dates dans l'année

Deux journées reviennent chaque année, et elles ne sont pas du tout de même nature.

Le 21 juin est la Journée nationale des peuples autochtones. Elle tombe le jour du solstice d'été, le plus long jour de l'année. Le gouvernement du Québec y consacre des communications et des activités. C'est la date la plus accessible pour un nouvel arrivant qui veut simplement voir quelque chose : des événements publics ont lieu un peu partout sur le territoire.

Le 30 septembre est la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Elle est de nature commémorative, et non festive. C'est aussi celle qui cause le plus de confusion pratique, pour une raison expliquée juste en dessous.

Pour savoir ce qui se passe près de chez vous à ces dates, nous ne vous donnons pas de liste : les événements changent de date, de lieu et d'organisateur chaque année, et une liste écrite aujourd'hui serait fausse dans douze mois. Consultez plutôt le site de Tourisme Autochtone Québec, qui recense l'offre à jour.

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7. Par où commencer, concrètement

Si vous voulez dépasser la lecture et aller voir, voici le point de départ officiel.

Tourisme Autochtone Québec se décrit comme « une association touristique sectorielle reconnue par le ministère du Tourisme et par ses pairs ». C'est l'organisme de référence pour l'offre touristique autochtone au Québec, et son site existe en français et en anglais.

Il recense notamment deux choses :

  • Les musées et centres culturels, fondés et coordonnés par chaque nation
  • Les , ces rassemblements annuels ouverts au public

Une bonne nouvelle géographique pour beaucoup de nouveaux arrivants : vous n'avez pas besoin d'aller dans le Grand Nord. Le gouvernement situe Wendake juste à côté de la ville de Québec, et les trois communautés mohawks — Kahnawake, Akwesasne et Kanesatake — sont dans la grande région de Montréal. Odanak et Wôlinak sont au Centre-du-Québec.

Un conseil de méthode avant de partir : une communauté autochtone est un lieu habité, pas un site touristique en libre accès. Passez par le site officiel de la communauté ou par Tourisme Autochtone Québec pour savoir ce qui est ouvert aux visiteurs et à quelles conditions, plutôt que de vous présenter à l'improviste.

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8. Questions fréquentes

Les questions qui reviennent le plus souvent : la différence entre Premières Nations et Autochtones, la possibilité de visiter une communauté, le statut du 30 septembre au travail.

Quelle est la différence entre « Premières Nations » et « Autochtones » ?
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Autochtones est le terme le plus large : il couvre les onze nations. Premières Nations en couvre dix — il exclut les Inuit, qui sont un peuple distinct et ne sont pas une Première Nation. Donc si vous voulez parler des onze, dites les Autochtones.

Peut-on visiter une communauté autochtone ?
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Souvent oui, mais pas comme on visite un parc. Une communauté est un lieu habité. Plusieurs nations gèrent leurs propres musées et centres culturels, et de nombreux pow-wow sont ouverts au public. Passez par Tourisme Autochtone Québec ou par le site de la communauté pour vérifier ce qui est ouvert et à quelles conditions, avant de partir.

Est-ce que je suis en congé le 30 septembre ?
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Probablement pas. Le 30 septembre est un jour férié fédéral, il s'applique donc aux milieux de travail de compétence fédérale comme les banques. Il ne figure pas sur la liste provinciale québécoise, qui couvre la grande majorité des emplois ici. Votre employeur peut fermer volontairement — demandez, ne présumez pas.

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9. Voir aussi

Ces guides apparentés peuvent vous être utiles :


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Note de l'auteure : en préparant ce guide, la chose qui nous a le plus frappés n'est pas un chiffre, c'est une adresse web. La fiche officielle d'une nation s'intitule Wolastoqiyik, et son adresse se termine par le mot « malecites ». Le nom que la nation se donne est dans le titre ; le nom que d'autres lui avaient donné est encore dans l'adresse. Tout est là, dans une seule ligne de code.

C'est pour cela que ce guide s'en tient à des choses vérifiables, et qu'il vous renvoie chaque fois à la source officielle plutôt qu'à notre résumé.

Si vous ne retenez qu'une action de ce guide : le 21 juin, allez voir. Des événements publics ont lieu partout au Québec ce jour-là, ils sont ouverts, et c'est infiniment plus instructif que n'importe quel article — y compris celui-ci.

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Guide 202 / 238 · p. 407–408 / 480
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