C'est l'une des annonces d'immigration les plus lourdes de conséquences de l'année pour les familles immigrantes : depuis le 15 juillet 2026, le gouvernement fédéral n'accepte plus aucune nouvelle demande de parrainage de parents ou de grands-parents. La mesure est fédérale : elle s'applique donc partout au Canada, Québec compris. Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) ne reçoit plus de nouveaux formulaires d'intérêt à parrainer et n'envoie plus d'invitations à présenter une demande, rapporte Radio-Canada. La suspension est en vigueur jusqu'à nouvel ordre : aucune date de réouverture n'a été annoncée.
Ce qui est suspendu, et ce qui ne l'est pas. La pause vise l'entrée de nouvelles demandes. Les dossiers déjà déposés, eux, continuent d'être traités : le gouvernement prévoit toujours admettre jusqu'à 15 000 personnes comme résidents permanents par ce programme en 2026, conformément au Plan des niveaux d'immigration 2026-2028. Autrement dit, si votre dossier est déjà dans le système, il n'est pas annulé — il suit son cours.
Pourquoi maintenant. Le programme est engorgé. Environ 60 500 demandes sont déjà en traitement, avec des délais d'attente d'environ 33 mois à l'échelle nationale — et jusqu'à 66 mois au Québec, selon les chiffres rapportés par Radio-Canada. Le fédéral justifie la mesure par la volonté de résorber cette file d'attente plutôt que de continuer à l'allonger, comme le rapporte La Presse. Le déséquilibre est structurel : l'intérêt pour le programme dépasse depuis des années le nombre de places disponibles.
La solution de rechange : le super visa. Ce n'est pas la résidence permanente, et il faut le dire clairement — mais c'est aujourd'hui la principale voie pour faire venir ses parents longtemps. Le super visa permet aux parents et grands-parents de séjourner jusqu'à 5 ans d'affilée et offre des entrées multiples pendant une période allant jusqu'à 10 ans. Il exige notamment une assurance maladie privée et une preuve que la personne qui accueille atteint un revenu minimal. Bonne nouvelle sur ce dernier point : depuis le 31 mars 2026, le calcul du revenu familial est plus souple — l'une ou l'autre des deux dernières années d'imposition peut être retenue, ce qui aide les familles ayant connu une mauvaise année.
Et le Québec dans tout ça. Rappel important : parrainer au Québec suppose une double démarche — le volet fédéral et un engagement auprès du Québec. Or, de son côté, le Québec a fixé un plafond de 2 400 demandes d'engagement pour les parents, grands-parents et autres proches admissibles, pour la période du 2 juillet 2026 au 30 juin 2028, selon Québec.ca. Les deux paliers de gouvernement resserrent donc la porte en même temps.
Un mot de vocabulaire, au passage. En lisant les nouvelles sur cette annonce, vous verrez partout des titres du genre « Ottawa suspend le parrainage ». Il ne s'agit pas de la ville d'Ottawa ni de l'Ontario : dans les médias d'ici, « Ottawa » désigne le gouvernement fédéral, par la même logique qui fait dire « Québec » pour le gouvernement provincial (« Québec plafonne les demandes… ») ou « Washington » pour le gouvernement américain. Un titre qui oppose « Québec » et « Ottawa » parle donc de deux ordres de gouvernement, pas de deux villes.
Bon à savoir pour les nouveaux arrivants. Si vous espériez déposer une demande cet automne, cette planification tombe : il n'y a rien à déposer, et aucun formulaire d'intérêt à remplir « pour être dans la file ». Méfiez-vous des consultants qui promettraient le contraire — le programme n'est pas ouvert. Ce que vous pouvez faire dès maintenant : explorer sérieusement le super visa, et garder vos documents (preuves de revenu, état civil, traductions) à jour pour être prêt le jour où l'intake rouvrira. Comme toujours, vérifiez l'état du programme sur les pages officielles avant de vous fier à un blogue ou à une publication sur les réseaux sociaux.