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Prononcer les noms de lieux du Québec

Kamouraska, Chibougamau, Pie-IX : d'où viennent ces noms, ce qu'ils veulent dire, et où écouter la vraie prononciation.

作者:Vieauqc Team2026年7月28日阅读约 13 分钟
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Prononcer les noms de lieux du Québec

Kamouraska, Chibougamau, Pie-IX : d'où viennent ces noms, ce qu'ils veulent dire, et où écouter la vraie prononciation.

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Pourquoi ce guide

Vous appelez une clinique et vous devez donner votre adresse. Vous demandez votre chemin. Vous dites à un collègue d'où vous revenez en fin de semaine. Et là, le nom ne sort pas — Kamouraska, Chibougamau, Témiscamingue, Manicouagan.

Ce n'est pas votre faute, et ce guide va vous expliquer pourquoi. Beaucoup de noms de lieux québécois viennent de langues autochtones, transcrits il y a des siècles par des cartographes européens qui ne parlaient pas ces langues. La Commission de toponymie du Québec, l'organisme officiel qui gère les noms de lieux, le reconnaît elle-même très clairement.

Ce guide vous donne trois choses : ce que ces noms veulent dire, comment les prononcer, et surtout où aller écouter la prononciation authentique enregistrée par des membres des communautés concernées.

Un avertissement d'entrée de jeu, parce qu'il change la façon de lire ce guide : l'organisme officiel ne publie aucune transcription phonétique. Les indications de prononciation que nous donnons découlent des règles ordinaires du français, pas d'une norme officielle. Les seuls enregistrements officiels existants concernent les noms d'origine autochtone, et nous vous dirons exactement où les trouver.

Why this guide. You call a clinic and have to give your address. You ask for directions. You tell a colleague where you spent the weekend. And the name will not come out — Kamouraska, Chibougamau, Témiscamingue, Manicouagan. It is not your fault, and this guide will explain why. Many Quebec place names come from Indigenous languages, transcribed centuries ago by European mapmakers who did not speak those languages. The Commission de toponymie du Québec, the official body that manages place names, acknowledges this very plainly itself. This guide gives you three things: what these names mean, how to say them, and above all where to go and hear the authentic pronunciation recorded by members of the communities concerned. One warning up front, because it changes how to read this guide: the official body publishes no phonetic transcription at all. The pronunciation guidance we give follows from ordinary French rules, not from an official standard. The only official recordings that exist cover names of Indigenous origin, and we will tell you exactly where to find them.
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1. Ce que l'organisme officiel reconnaît lui-même

Commençons par la phrase la plus utile de tout ce guide, parce qu'elle vient de l'organisme officiel et qu'elle vous enlève un poids.

Sur sa page consacrée à l'évolution historique de la toponymie québécoise, la Commission de toponymie écrit que les cartographes, ignorant pour la plupart les langues autochtones, ont inscrit un grand nombre de ces noms sur des cartes, mais orthographiés « bien souvent de façon approximative, parfois fautive ».

Elle poursuit : pour plusieurs d'entre eux, leur graphie actuelle a été consacrée par un long usage, même si souvent elle est « phonologiquement erronée ».

Et elle va jusqu'à nommer les cas : « Ainsi Québec, Saguenay, Chicoutimi ne s'écrivent assurément pas dans une forme qui rend justice à la prononciation originelle de ces noms. »

Lisez bien ce que cela veut dire. L'organisme qui gère officiellement les noms de lieux du Québec reconnaît que l'orthographe de plusieurs d'entre eux ne correspond pas à leur son d'origine. Si vous trouvez ces noms difficiles, ce n'est pas un défaut de votre apprentissage : c'est un fait historique documenté.

Précisons tout de suite la portée de cette phrase : elle compare la graphie française actuelle au son autochtone d'origine. Elle ne dit pas que les Québécois prononcent mal leurs propres noms de lieux.

1. What the official body acknowledges itself. Let us start with the most useful sentence in this whole guide, because it comes from the official body and it takes a weight off you. On its page about the historical evolution of Quebec toponymy, the Commission de toponymie writes that mapmakers, mostly ignorant of Indigenous languages, recorded a great many of these names on maps but spelled them « bien souvent de façon approximative, parfois fautive » — often approximately, sometimes wrongly. It continues: for several of them, the current spelling was fixed by long usage, even though it is often « phonologiquement erronée » — phonologically wrong. And it goes as far as naming cases: « Ainsi Québec, Saguenay, Chicoutimi ne s'écrivent assurément pas dans une forme qui rend justice à la prononciation originelle de ces noms. » Read what that means. The body that officially manages Quebec place names acknowledges that the spelling of several of them does not match their original sound. If you find these names hard, that is not a flaw in your learning: it is a documented historical fact. Let us be precise about the scope of that sentence: it compares today's French spelling to the original Indigenous sound. It does not say that Quebecers mispronounce their own place names.
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2. Trois noms dont le sens est clair

Commençons par les bonnes nouvelles. Pour ces trois noms, la Commission de toponymie donne une étymologie nette, sans hypothèses concurrentes.

Témiscamingue vient de l'algonquin timiskaming, que la Commission décompose mot à mot : timi = creux, profond ; kami = lac, étendue d'eau ; ing = au. Le nom signifie donc « au lac profond ». C'est le seul de notre liste pour lequel l'organisme officiel donne une décomposition complète en morphèmes.

Natashquan est un nom d'origine qui signifie, selon la Commission, « pays où on chasse l'ours » ou « pays du grand ours ». Un recensement des noms de lieux innus mené en 1979 a relevé la forme Nutahquaniu Hipu, « la rivière où l'on a pris l'ours noir ».

L'évolution de son orthographe sur les cartes anciennes est un excellent résumé de tout ce guide : Jolliet écrit R. noutascoüan en 1684, Bellin écrit Grand R Natachquoin en 1744, Carver écrit Great Natashkwen en 1776. Trois transcriptions différentes du même mot par trois Européens en un siècle.

Yamaska vient de l'abénaquis : yam signifie « au large », « dans le lointain », et askaw signifie « il y a des joncs ». Le nom veut donc dire « il y a des joncs au large », en référence aux joncs qui poussaient en abondance à l'embouchure de la rivière — des joncs qu'on faisait sécher pour couvrir les toits des granges et des maisons.

2. Three names whose meaning is clear. Let us start with the good news. For these three names, the Commission de toponymie gives a clear etymology, with no competing hypotheses. Témiscamingue comes from Algonquin *timiskaming*, which the Commission breaks down morpheme by morpheme: *timi* = hollow, deep; *kami* = lake, body of water; *ing* = at. The name therefore means « au lac profond » — at the deep lake. It is the only one on our list for which the official body gives a complete morpheme breakdown. Natashquan is a name of Innu origin meaning, according to the Commission, « pays où on chasse l'ours » or « pays du grand ours » — land where one hunts the bear. A 1979 survey of Innu place names recorded the form *Nutahquaniu Hipu*, the river where the black bear was taken. The evolution of its spelling on old maps is an excellent summary of this whole guide: Jolliet writes *R. noutascoüan* in 1684, Bellin writes *Grand R Natachquoin* in 1744, Carver writes *Great Natashkwen* in 1776. Three different transcriptions of the same word by three Europeans in one century. Yamaska comes from Abenaki: *yam* means offshore or in the distance, and *askaw* means there are rushes. The name therefore means « il y a des joncs au large », referring to the rushes that grew abundantly at the river's mouth — rushes that were dried and used to roof barns and houses.
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3. Ceux dont l'origine reste débattue

Pour ces noms-là, la Commission de toponymie présente plusieurs hypothèses côte à côte, sans trancher. Nous vous donnons l'hypothèse principale et nous signalons qu'il y en a d'autres — parce que présenter une seule version comme certaine serait vous induire en erreur.

Québec vient d'un mot de la famille algonquienne, kebec, dont la Commission dit qu'il signifie « là où c'est bouché », la racine kebh équivalant à « bouché ». Cela renvoie au rétrécissement du fleuve Saint-Laurent devant le cap Diamant. Mais la Commission mentionne aussi une piste micmaque, kepek, même sens, et une forme innue.

Kamouraska vient, selon l'hypothèse principale, des mots algonquins akân (au bord de l'eau) et ayashaw (jonc), donnant « il y a du jonc au bord de l'eau ». La Commission signale que certains y voient plutôt un mot micmaque, et que le père Charlevoix l'attribuait à des rochers s'élevant au-dessus de l'eau.

Matane : la version « la plus communément admise », selon les mots mêmes de la Commission, est le micmac mtctan, « vivier de castor ». Mais elle recense des « interprétations divergentes », dont « rencontre des eaux » et même « épaves ».

Rimouski est le cas le plus intéressant, parce que l'attribution a changé récemment. Selon des travaux de 2016 et 2017 cités par la Commission, le nom viendrait de la langue wolastoqey — le malécite — et signifierait « terre au chien », de arimous (chien) et du suffixe -ki (terre). Les attributions plus anciennes, à d'autres langues, sont aujourd'hui écartées.

Manicouagan vient de l'innu Manikuakanishtiku, « rivière à la tasse » ou « rivière où l'on donne à boire ». Deux écoles de missionnaires s'opposaient sur ce point au 19e siècle.

3. Those whose origin is still debated. For these names, the Commission de toponymie presents several hypotheses side by side without settling the matter. We give you the main hypothesis and flag that others exist — because presenting a single version as certain would mislead you. Québec comes from a word of the Algonquian family, *kebec*, which the Commission says means « là où c'est bouché » — where it is blocked — the root *kebh* meaning blocked. This refers to the narrowing of the St. Lawrence in front of Cap Diamant. But the Commission also mentions a Mi'kmaq lead, *kepek*, same sense, and an Innu form. Kamouraska comes, on the main hypothesis, from the Algonquin words *akân* (at the water's edge) and *ayashaw* (rush), giving « il y a du jonc au bord de l'eau ». The Commission notes that some see a Mi'kmaq word instead, and that Father Charlevoix attributed it to rocks rising above the water. Matane: the most commonly accepted version, in the Commission's own words, is Mi'kmaq *mtctan*, « vivier de castor » — beaver pond. But it records « interprétations divergentes », including *meeting of the waters* and even *shipwrecks*. Rimouski is the most interesting case, because the attribution changed recently. According to 2016 and 2017 work cited by the Commission, the name would come from the wolastoqey language — Maliseet — and would mean « terre au chien », from *arimous* (dog) and the suffix *-ki* (land). Older attributions to other languages are now set aside. Manicouagan comes from Innu *Manikuakanishtiku*, « rivière à la tasse » or « rivière où l'on donne à boire ». Two schools of missionaries disagreed on this point in the 19th century. | Name | Language of origin | Meaning (main hypothesis) | Status | |---|---|---|---| | Témiscamingue | Algonquin | At the deep lake | Established, full breakdown | | Natashquan | Innu | Land where one hunts the bear | Established | | Yamaska | Abenaki | There are rushes offshore | Established | | Québec | Algonquian family | Where it is blocked | Main one, other leads cited | | Kamouraska | Algonquin | There are rushes at the water's edge | Main one, two other hypotheses | | Matane | Mi'kmaq | Beaver pond | « The most commonly accepted » | | Rimouski | Wolastoqey (Maliseet) | Land of the dog | Revised in 2016–2017 | | Manicouagan | Innu | River of the cup | Main one, one dissenting school | | Saguenay | Not specified by the Commission | Water that flows out, source of the water | Meaning established, language not specified | | Chibougamau | Cree / Innu | Uncertain — see section 4 | Officially uncertain | | Chicoutimi | Innu | Uncertain — see section 4 | Officially uncertain |
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4. Ceux dont personne ne connaît le sens

Deux noms méritent une section à part, parce que la Commission de toponymie déclare explicitement que leur sens est incertain.

Pour Chibougamau, la Commission écrit que la signification « est incertaine et fait l'objet de plusieurs hypothèses ». Elle en énumère quatre.

La première, « lieu de rassemblement », est celle que vous trouverez partout sur Internet — et la Commission écrit à son sujet qu'elle est « probablement issue du folklore local ». Autrement dit, l'explication la plus répandue est celle que l'organisme officiel identifie comme une légende.

Les trois autres sont : « lac bloqué », d'après le cri cipukamiw ; « lac aux vomissements », d'une traduction de 1832 ; et « rivière traversant le bord du lac », proposée par un arpenteur en 1894. Les Cris utilisent aujourd'hui la forme Uchepukumuu, qui correspond à la deuxième hypothèse.

Pour Chicoutimi, la Commission emploie systématiquement le conditionnel, ce qui en français signale explicitement l'incertitude. L'élément timi « serait » lié à la notion de profondeur, et chicou « pourrait » vouloir dire grand, est encore, jusqu'où, ou qui finit.

Les combinaisons possibles donnent des sens qui se contredisent : « grande profondeur », mais aussi « qui cesse d'être profond ». Retenez donc que le sens le plus souvent cité est « grande profondeur », sans le présenter comme acquis.

4. Those whose meaning nobody knows. Two names deserve their own section, because the Commission de toponymie explicitly declares their meaning uncertain. For Chibougamau, the Commission writes that the meaning « est incertaine et fait l'objet de plusieurs hypothèses ». It lists four. The first, « lieu de rassemblement » (gathering place), is the one you will find everywhere online — and the Commission writes of it that it is « probablement issue du folklore local ». In other words, the most widespread explanation is the one the official body identifies as folklore. The three others are: « lac bloqué » (blocked lake), from Cree *cipukamiw*; « lac aux vomissements », from an 1832 translation; and « rivière traversant le bord du lac », proposed by a surveyor in 1894. The Cree today use the form *Uchepukumuu*, matching the second hypothesis. For Chicoutimi, the Commission consistently uses the French conditional tense, which explicitly signals uncertainty. The element *timi* « serait » linked to the notion of depth, and *chicou* « pourrait » mean big, still is, how far, or which ends. The possible combinations give contradictory meanings: *great depth*, but also *which ceases to be deep*. So remember that the most frequently cited sense is « grande profondeur », without presenting it as settled.
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5. Où écouter la vraie prononciation

Voici la ressource la plus utile de ce guide, et elle est très peu connue.

Depuis janvier 2020, la Commission de toponymie ajoute des fichiers sonores à sa banque de noms de lieux. Les premiers enregistrements portaient sur 125 toponymes en inuktitut, réalisés avec la collaboration de l'Institut culturel Avataq. La couverture s'est ensuite étendue à d'autres langues : innu, naskapi, algonquin, abénaquis, atikamekw. Dans la fiche d'un lieu, une icône de haut-parleur permet d'écouter.

En juin 2022, la Commission a aussi mis en ligne une carte interactive consacrée au patrimoine toponymique autochtone, qui rassemble plus de 200 noms dont la prononciation a été enregistrée par des membres des communautés elles-mêmes — sept communautés abénaquises, innues, naskapies et wendates.

C'est, à notre connaissance, la seule source de prononciation officielle qui existe pour les noms de lieux du Québec.

Deux limites importantes, que nous préférons vous dire clairement. Premièrement, ces enregistrements ne couvrent que les noms d'origine autochtone. Deuxièmement, il n'existe aucune transcription phonétique officielle — ni pour ces noms, ni pour les autres. Nous avons vérifié la fiche officielle du boulevard Pie-IX : elle contient l'origine du nom, une biographie, la date d'officialisation, mais aucun champ de prononciation.

5. Where to hear the real pronunciation. Here is the most useful resource in this guide, and it is very little known. Since January 2020, the Commission de toponymie has been adding sound files to its place-name database. The first recordings covered 125 Inuktitut place names, made with the collaboration of the Institut culturel Avataq. Coverage then extended to other languages: Innu, Naskapi, Algonquin, Abenaki, Atikamekw. On a place's record page, a speaker icon lets you listen. In June 2022, the Commission also put online an interactive map devoted to Indigenous toponymic heritage, gathering more than 200 names whose pronunciation was recorded by members of the communities themselves — seven Abenaki, Innu, Naskapi and Wendat communities. To our knowledge, this is the only source of official pronunciation that exists for Quebec place names. Two important limits, which we prefer to state plainly. First, these recordings cover only names of Indigenous origin. Second, there is no official phonetic transcription at all — neither for these names nor for the others. We checked the official record for boulevard Pie-IX: it contains the name's origin, a biography, the officialization date, but no pronunciation field.
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6. Le piège des noms français : Pie-IX

Ce n'est pas un nom autochtone, et pourtant c'est probablement le nom de lieu qui piège le plus de nouveaux arrivants à Montréal.

Le boulevard Pie-IX, et la station de métro du même nom, honorent le pape Pie IX — Giovanni Maria Mastai Ferretti, élu pape en 1846. L'artère a été nommée vers 1874, pendant son pontificat.

« Pie » est la forme française du latin Pius. Et « IX » n'est pas une suite de deux lettres : c'est le chiffre romain neuf. Voilà toute l'explication du piège. Quelqu'un qui lit sans savoir tentera de prononcer les lettres I et X.

En français, un chiffre romain dans un nom propre se lit comme un nombre : on dit donc « Pie-neuf ».

Nous devons être précis sur le statut de cette information. La prononciation « Pie-neuf » découle de la règle française ordinaire de lecture des chiffres romains — elle n'est pas publiée par un organisme officiel. Nous avons vérifié : ni la fiche de la Commission de toponymie, ni la fiche de la Ville de Montréal ne comportent d'indication de prononciation. Nous vous donnons donc ici une règle de lecture du français, pas une norme officielle.

Le même raisonnement s'applique ailleurs : dans les noms de lieux et de rues du Québec, les chiffres romains se lisent comme des nombres.

6. The French-name trap: Pie-IX. This is not an Indigenous name, and yet it is probably the place name that traps the most newcomers in Montreal. Boulevard Pie-IX, and the metro station of the same name, honour Pope Pius IX — Giovanni Maria Mastai Ferretti, elected pope in 1846. The artery was named around 1874, during his pontificate. « Pie » is the French form of the Latin Pius. And « IX » is not a sequence of two letters: it is the Roman numeral nine. That is the whole explanation of the trap. Someone reading without knowing will try to pronounce the letters I and X. In French, a Roman numeral in a proper name is read as a number: so one says « Pie-neuf ». We must be precise about the status of this information. The pronunciation *Pie-neuf* follows from the ordinary French rule for reading Roman numerals — it is not published by an official body. We checked: neither the Commission de toponymie record nor the Ville de Montréal record carries any pronunciation guidance. So what we are giving you here is a French reading rule, not an official standard. The same reasoning applies elsewhere: in Quebec place and street names, Roman numerals are read as numbers.
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7. Écrire les noms de lieux correctement

La Commission de toponymie publie des règles d'écriture, et deux d'entre elles vous concernent directement quand vous remplissez un formulaire ou écrivez un courriel en anglais.

Première règle : les noms de lieux officiels du Québec ne doivent pas être traduits. Dans un texte anglais, on écrit Québec et non Quebec City. Dans un texte français, on écrit Black Lake et non Lac Noir, si Black Lake est la forme officielle.

Deuxième règle, celle que presque tout le monde enfreint : les accents se conservent, y compris dans un texte en anglais, et y compris sur les majuscules. Le gouvernement du Québec écrit Québec avec son accent aigu dans ses documents anglais.

Une troisième règle est utile à connaître : on ne peut pas fabriquer une forme mixte qui combinerait un générique français et un générique anglais. « Baie James Bay » est incorrect. Pour les entités géographiques qui traversent une frontière, on peut mettre la forme officielle québécoise suivie de la forme canadienne entre parenthèses : Baie d'Hudson (Hudson Bay).

Notez enfin que le lac, mont, rue, boulevardfait partie intégrante du nom de lieu. Ce n'est pas un mot facultatif qu'on peut supprimer pour aller plus vite.

7. Writing place names correctly. The Commission de toponymie publishes writing rules, and two of them concern you directly when filling in a form or writing an email in English. First rule: official Quebec place names must not be translated. In an English text you write Québec, not *Quebec City*. In a French text you write *Black Lake*, not *Lac Noir*, if Black Lake is the official form. Second rule, the one almost everyone breaks: accents are kept, including in an English text, and including on capital letters. The Government of Quebec writes Québec with its acute accent in its English documents. A third rule is useful to know: you cannot manufacture a mixed form combining a French and an English generic. « Baie James Bay » is incorrect. For geographic features crossing a border, you may put the official Quebec form followed by the Canadian form in brackets: *Baie d'Hudson (Hudson Bay)*. Note finally that the generic — *lac*, *mont*, *rue*, *boulevard* — is an integral part of the place name. It is not an optional word you can drop to save time.
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8. Questions fréquentes

Les questions les plus fréquentes sur les noms de lieux québécois : où vérifier un nom, où écouter la prononciation, pourquoi ces noms sont difficiles, et comment les écrire en anglais.

8. Frequently asked questions. The most common questions about Quebec place names: where to check a name, where to hear the pronunciation, why these names are difficult, and how to write them in English.
Où puis-je vérifier l'origine d'un nom de lieu ?
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Dans la Banque de noms de lieux du Québec, la base officielle de la Commission de toponymie. Elle est gratuite, publique, sans inscription, et contient plus de 268 000 noms, dont plus de 93 000 accompagnés d'une notice explicative avec l'origine, le sens et la date d'officialisation. C'est la source à consulter avant de croire une explication trouvée ailleurs.

Where can I check the origin of a place name?. In the Banque de noms de lieux du Québec, the Commission de toponymie's official database. It is free, public, no registration, and contains more than 268,000 names, over 93,000 of them with an explanatory record giving origin, meaning and officialization date. It is the source to check before believing an explanation found elsewhere.
Existe-t-il des enregistrements audio officiels ?
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Oui, mais uniquement pour les noms d'origine autochtone. Depuis 2020, la Commission de toponymie ajoute des fichiers sonores dans les fiches de sa banque — une icône de haut-parleur permet de les écouter. Une carte interactive lancée en 2022 rassemble plus de 200 noms enregistrés par des membres des communautés elles-mêmes. Pour les noms d'origine française, il n'existe aucun enregistrement ni aucune transcription phonétique officielle.

Are there official audio recordings?. Yes, but only for names of Indigenous origin. Since 2020 the Commission de toponymie has been adding sound files to its database records — a speaker icon lets you play them. An interactive map launched in 2022 gathers more than 200 names recorded by community members themselves. For French-origin names there is no recording and no official phonetic transcription at all.
Pourquoi ces noms sont-ils si difficiles à lire ?
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Parce que leur orthographe actuelle a été fixée par des cartographes qui ne parlaient pas les langues d'origine. La Commission de toponymie l'écrit elle-même : ces noms ont été orthographiés « bien souvent de façon approximative, parfois fautive », et leur graphie est souvent « phonologiquement erronée ». Elle cite nommément Québec, Saguenay et Chicoutimi. La difficulté est donc historique, pas personnelle.

Why are these names so hard to read?. Because their current spelling was fixed by mapmakers who did not speak the original languages. The Commission de toponymie writes it itself: these names were spelled *« bien souvent de façon approximative, parfois fautive »*, and their spelling is often *« phonologiquement erronée »*. It names Québec, Saguenay and Chicoutimi specifically. The difficulty is historical, not personal.
Dois-je écrire « Quebec » ou « Québec » dans un texte en anglais ?
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Québec, avec l'accent. La règle de la Commission de toponymie est que les noms de lieux officiels ne se traduisent pas et que les accents se conservent, y compris dans un texte anglais et sur les majuscules. La forme Quebec City ne correspond pas au nom officiel. Et une forme mixte comme Baie James Bay est incorrecte.

Should I write « Quebec » or « Québec » in an English text?. Québec, with the accent. The Commission de toponymie's rule is that official place names are not translated and that accents are kept, including in an English text and on capital letters. The form *Quebec City* does not match the official name. And a mixed form like *Baie James Bay* is incorrect.
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9. Voir aussi

Ces guides apparentés peuvent vous être utiles :

9. See also. These related guides may be useful: - Understanding the Quebec accent — the general pronunciation features; this guide covers proper nouns, that one covers everything else - Sacres: understanding Quebec swear words — the other vocabulary you hear daily and cannot look up in an ordinary dictionary - Practising your French — where to get the listening exposure that fixes pronunciation faster than any written guide - Bill 101 and the Charter of the French Language — the Charter is also what created the Commission de toponymie, in 1977
10. Official sources. All the information in this guide comes from the official pages below. The Commission de toponymie website exists in French only. - Banque de noms de lieux du Québec — Commission de toponymie *(French only)* - Évolution historique de la toponymie québécoise — Commission de toponymie *(French only)* - Prononciation des noms autochtones — Commission de toponymie *(French only)* - Carte interactive du patrimoine toponymique autochtone *(French only)* - Règles d'écriture des noms de lieux — Commission de toponymie *(French only)* - Traduire les toponymes — Commission de toponymie *(French only)* - Mission et mandat — Commission de toponymie *(French only)* - Origin of the names of Canada and its provinces — Natural Resources Canada

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Note de l'auteure : en préparant ce guide, nous avons cherché une liste officielle de prononciations. Elle n'existe pas. La Commission de toponymie publie des enregistrements sonores — mais seulement pour les noms autochtones — et aucune transcription phonétique, pour aucun nom.

Nous aurions pu écrire un tableau d'API et ne rien dire. Nous avons préféré vous expliquer d'où viennent nos indications, parce qu'un guide de langue qui déguise une déduction en norme officielle ne vaut pas grand-chose.

Ce que nous avons trouvé à la place vaut mieux qu'un tableau : l'organisme officiel reconnaît noir sur blanc que l'orthographe de plusieurs de ces noms est « phonologiquement erronée », et il nomme Québec, Saguenay et Chicoutimi. Autrement dit, la difficulté que vous ressentez est inscrite dans l'histoire de ces mots.

Un dernier conseil très concret. La prochaine fois qu'un nom de lieu vous arrête, ouvrez la Banque de noms de lieux du Québec plutôt qu'un moteur de recherche. Vous y trouverez la notice officielle, avec toutes les hypothèses — et parfois un fichier sonore enregistré par quelqu'un dont c'est la langue.

Author's note: while preparing this guide we went looking for an official pronunciation list. It does not exist. The Commission de toponymie publishes sound recordings — but only for Indigenous names — and no phonetic transcription, for any name. We could have written an IPA table and said nothing. We preferred to explain where our guidance comes from, because a language guide that dresses a deduction up as an official standard is not worth much. What we found instead is better than a table: the official body acknowledges in black and white that the spelling of several of these names is « phonologiquement erronée », and it names Québec, Saguenay and Chicoutimi. In other words, the difficulty you feel is written into the history of these words. One last very concrete piece of advice. Next time a place name stops you, open the Banque de noms de lieux du Québec rather than a search engine. You will find the official record, with every hypothesis — and sometimes a sound file recorded by someone whose language it is.

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